Ce qu'il faut retenir
- Semer en petites quantités toutes les 3 semaines pour éviter les creux de production.
- Les graines ne germent pas au-dessus de 25°C : semer en intérieur ou pré-germer au frigo en juillet-août.
- Préférer les semis en plaques alvéolées et le repiquage plutôt que le semis en place.
- Les limaces attaquent les jeunes plants : prévoir plus de plants au printemps.
- Les salades à couper (feuille de chêne, Sainte-Antoine) permettent de combler les creux de production.
Pommées, romaines, coupes : ce n'est pas le même légume#
Avant de parler de variétés, une précision utile : "la salade" regroupe des plantes qui se cultivent et se récoltent différemment. Ça change l'approche.
Les laitues pommées forment une pomme compacte qu'on récolte en entier, d'un coup. Reine de Mai, Merveille des quatre saisons, Iceberg : une fois la pomme formée, on coupe et c'est fini pour ce plant.
Les laitues à couper, feuille de chêne, Sainte-Antoine, lollo, ne forment pas de pomme. On prélève les feuilles extérieures au fur et à mesure, la plante repousse. Très utile pour combler les semaines creuses.
Les romaines sont allongées, croquantes, et résistent mieux à la chaleur et à la sécheresse que les pommées classiques.
Les batavias forment une pomme lâche et tolèrent bien la montée en graines, un bon choix pour cultiver en été.
Dans mon jardin, je cultive les deux grands types : des pommées parce qu'on aime le cœur, et des coupes pour assurer quand je n'ai pas assez de pommées prêtes au même moment.
Les variétés que j'ai cultivées et pourquoi je les recommande#
Laitue 'Reine de Mai' : ma préférée#
C'est la variété sur laquelle je reviens toujours. La 'Reine de Mai' est une laitue pommée laiteuse, très rafraîchissante, avec une texture fondante qu'on ne retrouve pas dans toutes les variétés. Elle fonctionne bien par tous les temps, ce qui pour le sud de la Belgique, où on peut avoir du gel en avril et 28°C en mai, c'est loin d'être négligeable. Douce, productive, fiable.
Laitue 'Merveille des quatre saisons' : la polyvalente#
Rouge, croquante, et contrairement à ce qu'on pourrait craindre avec une variété rouge : pas amère. C'est souvent le premier reproche qu'on fait aux salades rouges, mais la 'Merveille des quatre saisons' ne l'est pas, ou si peu qu'on ne le remarque pas. Elle tolère le froid du printemps et tient encore bien à l'automne. Un bon choix si vous ne savez pas par quoi commencer.
Laitue romaine maraîchère : pour les étés secs#
Je l'ai cultivée en plein champ, avec peu d'arrosage, et elle a donné de bons résultats. Pour quelqu'un dont le sol sèche vite ou qui ne peut pas arroser tous les jours, c'est une bonne option. Elle n'est pas amère, elle tient bien à la chaleur, et sa résistance à la sécheresse est nettement supérieure à celle des pommées classiques.
Feuille de chêne et 'Sainte-Antoine' : les indispensables à couper#
Les salades à couper, c'est une assurance contre les creux de production. Quand je n'ai pas assez de pommées prêtes, je complète en prélevant des feuilles sur les plants de feuille de chêne ou de 'Sainte-Antoine'. On récolte les feuilles extérieures, la plante repousse depuis le centre, et on peut aller piocher dans plusieurs plants pour composer une salade complète. Très pratique.
Laitue iceberg : pour le cœur croquant#
Je la cultive de temps en temps. Elle demande un peu plus d'espace et d'eau que les autres, mais le résultat, une pomme dense, ferme et croquante, en vaut la peine. À réserver aux bonnes saisons, pas pour l'été, elle monte trop vite.
Pourquoi j'ai toujours trop ou pas assez de salade#
C'est la vraie difficulté avec la salade. Pas la culture : la gestion.
Le problème classique : on sème tout en une fois, toutes les salades arrivent à maturité le même jour, on en mange pendant 10 jours, et ensuite il n'y a plus rien pendant 6 semaines. J'y suis passé.
La solution, c'est la succession : semer de petites quantités toutes les 3 semaines, plutôt qu'une grande quantité d'un coup. En théorie c'est simple. En pratique, il faut y penser, et j'avoue que je n'y pense pas toujours au bon moment. Ça m'arrive d'avoir des creux. Mais depuis que j'ai intégré ce réflexe, c'est nettement plus gérable.
L'autre complication : les limaces. Au printemps, elles attaquent les jeunes plants, et les pertes peuvent être significatives. J'en sème toujours un peu plus que prévu pour compenser. Ce qui a parfois comme effet secondaire de me retrouver avec trop de salade, mais c'est un problème que je préfère à celui d'en manquer.
Le creux de l'été : en juillet-août, le sol est plus sec, les températures plus élevées, et les graines germent moins bien. C'est mon creux habituel, et je n'ai pas encore trouvé de solution parfaite pour l'éliminer complètement.
Semis en plaques ou en godets : pourquoi j'ai arrêté le semis en place#
J'ai essayé plusieurs méthodes. Aujourd'hui, mes semis de salade se font systématiquement en intérieur, en plaques alvéolées.
Pourquoi pas les godets individuels : un godet, c'est une perte de terreau pour la salade. La plante est petite, le volume de substrat est disproportionné. La plaque alvéolée est beaucoup plus économique et plus pratique à manipuler quand on en a une vingtaine.
Pourquoi pas le semis direct en place : la salade jeune est vulnérable. En semant en intérieur, je peux attendre que les plants aient une taille suffisante avant de les exposer aux limaces et aux aléas météo. Ça me donne un meilleur contrôle sur la succession, et je n'ai pas besoin d'éclaircir.
Mon process en pratique :
- Semis en petites alvéoles, 2 graines par cellule, en intérieur à 18°C.
- Après levée et premier développement, repiquage dans des alvéoles plus grandes. J'ajoute à ce stade un peu d'engrais dans le substrat pour donner de la vigueur aux plants.
- Mise en place en pleine terre quand les plants ont 3-4 vraies feuilles et que les conditions extérieures le permettent.
Ce double repiquage n'est pas forcément ce qu'on conseille partout. Mais il me donne des plants bien développés et vigoureux au moment de la mise en place, ce qui réduit significativement les pertes aux limaces.
Attention
Ne jamais enterrer le collet au repiquage — le point de jonction entre la tige et les racines doit rester au niveau du sol. C'est l'erreur classique qui mène à la pourriture.
Comment arroser la salade sans tout rater#
La salade a besoin d'un sol toujours frais. Pas détrempé, mais jamais complètement sec.
Une salade qui manque d'eau ne forme pas correctement sa pomme : moins de feuilles, moins de densité, une texture décevante. J'ai eu des salades "plates" certaines années de sécheresse. La différence avec les années où j'arrose régulièrement est visible.
En été, j'arrose le soir plutôt que le matin : l'eau s'évapore moins vite, et on évite de mouiller le feuillage par grosse chaleur. Un feuillage humide qui reste chaud, c'est une invitation au botrytis.
Le paillage aide beaucoup : 5 à 8 cm de paille ou de tonte sèche autour des plants maintient l'humidité du sol et limite la fréquence des arrosages. En juillet-août, c'est presque indispensable.
Pour la fertilisation, si le sol est bien amendé au compost, pas besoin de grand-chose en cours de culture. La salade est gourmande en azote, un apport léger stimule le développement des feuilles si le sol est pauvre.
Les limaces : comment gérer sans se raconter des histoires#
C'est mon principal problème au printemps, et je ne vais pas prétendre avoir trouvé la solution miracle.
Dans mon jardin, ce sont surtout de petites limaces noires. Elles s'attaquent aux jeunes plants juste après la mise en place, là où ils sont les plus vulnérables.
J'utilise des granulés (métaldéhyde). Ce n'est pas la solution que je préfère, mais quand la population est importante, il faut réguler. Et soyons honnêtes sur un point : les alternatives souvent citées, cendre de bois, coquilles d'œufs, barrières de cuivre, ça ne marche pas vraiment. Ou en tout cas, pas suffisamment pour compter dessus quand on a une vraie pression de limaces.
Astuce
Plutôt que de disperser les granulés directement dans la terre, fabriquer de petits abris avec de vieilles boîtes de conserve posées à l'envers, ouverture contre le sol. Les granulés à l'intérieur. Les limaces cherchent l'ombre et l'humidité, elles se glissent sous la boîte, mangent les granulés, et meurent aux alentours. Les granulés ne se retrouvent pas directement au contact du sol de culture.
La meilleure défense reste d'avoir des plants costauds à la mise en place : une laitue de 5 cm avec 4 feuilles résiste beaucoup mieux qu'un semis qui vient de lever. D'où l'intérêt de semer en intérieur et de repiquer.
Comment éviter que la salade file en été#
La montée en graines, c'est la frustration de l'été. La salade décide qu'il fait trop chaud, qu'il y a trop de lumière, et elle monte : une tige centrale s'élève, les feuilles deviennent amères, c'est terminé.
Deux facteurs déclenchent la montaison : la chaleur et la longueur des jours. Sur la photopériode, on ne peut rien. Sur la chaleur, on peut agir.
Ce que j'utilise : les filets anti-insectes. Posés sur des arceaux au-dessus des salades, ils font plusieurs choses en même temps : ils réduisent la vitesse du vent (qui assèche et stresse les plants), créent une légère ombre, et maintiennent une certaine humidité sous la toile. C'est une façon de mutualiser le matériel qu'on a déjà, sans investir dans des filets d'ombrage spécifiques.
Choisir des variétés résistantes : la batavia 'Nevada' est réputée pour tenir sans monter jusqu'à 35°C. La romaine maraîchère résiste mieux que les pommées classiques à la sécheresse et à la chaleur.
Info
La dormance thermique : au-dessus de 25°C, les graines de salade ne peuvent pas germer. C'est pour ça que les semis de juillet ratent si on ne prend pas de précautions : semer en intérieur dans un endroit frais, ou pré-germer les graines 24-48h au réfrigérateur avant de les semer.
Récolter la salade : en entier ou feuille à feuille#
Pour les pommées (Reine de Mai, Merveille des quatre saisons, Iceberg), la façon classique c'est de récolter en entier. On coupe au ras du sol avec un couteau propre, le matin de préférence quand les feuilles sont encore turgescentes.
Certains pratiquent une autre technique : ne couper que les deux tiers supérieurs de la salade et laisser le tiers inférieur au collet. La plante repart et refait de nouvelles feuilles. Ça fonctionne techniquement. Mais honnêtement, je ne trouve pas que les feuilles qui repoussent aient la même fraîcheur, la même tendreté, ni la même qualité que celles d'une salade récoltée à son pic. Je préfère récolter en entier et passer au plant suivant.
Ne pas attendre trop longtemps dans tous les cas : une pommée bien formée monte en graines en une à deux semaines de chaleur. Si la pomme est serrée, récoltez.
Pour les salades à couper (feuille de chêne, Sainte-Antoine), on prélève les feuilles extérieures en commençant par les plus basses. La plante continue à produire depuis le centre. Quand je n'ai pas assez d'une seule salade, je prélève quelques feuilles sur plusieurs plants différents pour composer une assiette complète. Ça étale la production dans le temps et ça évite d'en avoir trop d'un coup.
?Combien de temps entre le semis et la récolte ?
Entre 40 et 70 jours selon la variété et la saison. Les salades à couper comme la feuille de chêne sont généralement plus rapides (40-50 jours). Les pommées type iceberg peuvent prendre 60-70 jours.
?Faut-il repiquer la salade ou semer en place ?
Les deux fonctionnent. Je préfère le semis en plaques alvéolées et le repiquage : on obtient des plants plus vigoureux à la mise en place et on gère mieux la pression des limaces. En semis direct, l'éclaircissage est indispensable, soit 25 à 30 cm entre plants pour les pommées.
?Pourquoi mes graines de salade ne germent pas en juillet ?
La température est trop élevée. Au-dessus de 25°C, les graines entrent en dormance thermique et ne germent plus. Solution : pré-germer au réfrigérateur 24-48h avant semis, ou semer le soir dans un endroit légèrement ombragé.
?Quelle salade choisir pour résister à la chaleur estivale ?
La batavia 'Nevada' est une référence, elle tient sans monter jusqu'à 35°C. La romaine maraîchère résiste bien aussi, particulièrement à la sécheresse. À éviter en été : l'iceberg et les pommées classiques.
?Combien de plants pour une famille de 4 ?
4 à 6 plants par semis toutes les 3 semaines. Prévoyez 8 à 10 si vous avez une forte pression de limaces, quelques plants seront perdus, surtout au printemps.
?Peut-on cultiver la salade à mi-ombre ?
Oui, et c'est même conseillé en été. La montée en graines est retardée et les plants souffrent moins de la chaleur. Au printemps et en automne, préférer le plein soleil pour une croissance rapide.
?Peut-on faire pousser de la salade sous tunnel l'hiver ?
Oui, avec les bonnes variétés. La 'Merveille d'hiver', la scarole et certaines batavias résistent jusqu'à -8°C sous tunnel froid. On sème en août-septembre pour récolter de novembre à mars.